Editorial

Deux paroisses, une seule équipe de prêtres.

        Ça y est nous y sommes ! Après avoir évoqué depuis des années la crise de la foi, qui affecte notre Eglise et entraîne avec elle une crise des vocations, la réalité de celle-ci nous rattrape : Le père Claude Nzas étant nommé sur la paroisse de Notre Dame des Noyerais à Tullins, devant l’impossibilité de trouver un curé pour le remplacer, notre évêque, le père de KERIMEL, me nomme curé de la paroisse voisine, Mère Térésa, tout en me laissant la charge de la paroisse Sanctus en Viennois.
       Je ne suis pas le premier à qui cela arrive: d’autres confrères assurent depuis quelques années une double charge pastorale. D’ailleurs, je ne suis pas seul; les confrères de notre paroisse participeront à cette prise en charge. Mais cette nomination rend parfaitement visible la rupture annoncée. D’ailleurs, dans ce même temps, nos « anciens » nous quittent, rejoignant leur diocèse respectif (Viviers ou Troyes): Vincent, pour une maison de  retraite à Aubenas; Denis appelé d’urgence à un ministère de « dépannage » dans l’Aube.
       Concrètement, les conséquences sont encore à découvrir, mais une chose est certaine : ce n’est pas avec quatre prêtres et deux diacres sur deux paroisses que nous pourrons agir comme il y a 6 ans, lorsque nous étions une dizaine de prêtres et 4 diacres.
       Que faire ? Un regard attentif sur nos paroisses montre qu’au-delà de la diminution du nombre de prêtres et de fidèles, les communautés catholiques sont en train d’inventer de nouvelles manières de vivre leur foi. Les paroisses du diocèse fourmillent d’idées pour continuer de vivre de la Bonne Nouvelle et la répandre dans une France en évolution. Évidement la forme change, se modifie, mais seulement la forme. En fait il nous faut consentir à ce que l’Église ait un autre visage que celui que nous imaginons. L’Église doit accepter d’être dépouillée pour renaître.
       Le Père Timothy Radcliff écrit « Ce qui se passe n’est pas neuf : L’histoire de l‘Église de France est marquée par des bouleversements périodiques, mais cela ne doit pas nous faire peur. Elles conduisent à une vie nouvelle… L’Esprit saint va apporter une renaissance, si nous le lui permettons. »
       Comment le lui permettre ? Dans le numéro d’Accueillir de Juin, je vous disais : « L’intuition de notre Église diocésaine c’est de nous inviter à vivre la fraternité pour vivre cette conversion. Ce n’est pas une nouvelle méthode, une nouvelle idée, mais la redécouverte d’un nouveau mode d’être : prendre le temps de s’asseoir avec d’autres frères chrétiens, prendre le risque de la rencontre et du dévoilement, être frère avec d’autres, pour, avec eux, écouter Dieu « me » parler. En écoutant Dieu qui nous parle, nous nous laisserons interroger, et nous serons introduits dans le regard de Dieu. »
Dans l’histoire de l’Église, aucun plan paroissial n’avait programmé une Thérèse de l’Enfant Jésus, un St François, ou d’autres encore. Ils viennent de ces points ou l’Esprit rejoint les hommes et les femmes, dans notre cœur. En regardant un peu en arrière, on voit que les grands moments au 20° siècle s’enracinent dans la vie et l’expérience de Dieu: Taizé avec les inspirations de frère Roger, les mouvements charismatiques, avec souvent une forte connivence avec Marthe Robin, l’Action Catholique avec Madeleine Delbrel…
       Le moteur, toujours le même moteur,  c’est l’Esprit Saint qui souffle et que nous devons entendre et écouter dans nos cœurs. Là est notre chemin.

P.Jean